Hospitalisation de ma grand-tante,
Monsieur le Directeur,
Eu égard à la surcharge de travail qui est la nôtre en ce moment, il était fort malvenu de ma part j'en conviens de vous faire faux bond ce lundi 25 juillet.
Sans doute vous souvenez-vous de ma grand-tante, l'archiduchesse, que j'eu l'honneur de vous présenter au gala de charité organisé au Ritz ce dernier Noël.
Figurez-vous que cette chère brave dame, cette nuit même, a eu l'idée, suite à une beuverie dont elle seule à le secret, de prendre un bain de minuit au bord du lac Leman. Point sans faut : elle fait affréter son avion, se rend sur les lieux du crime, et plonge tête la première dans ses eaux troubles de minuit, oubliant par la même dans sa précipitation d'enlever ses chaussettes.
Qu'elle ne fut pas ma stupeur, ce matin aux aurores, d'être tirée du lit par le valet de ma tante, m'informant que celle-ci hospitalisée d'urgence au service psychiatrique le plus proche, me réclamait corps et âme en criant à tue tête : « Les chaussettes de l'archiduchesse sont-elles sèches, archi-sèches ».
Vous comprendrez, très cher, que je n'ai eu à coeur de laisser cette pauvre vielle esseulée au milieu d'énergumènes qui ne sont ni de son monde ni du vôtre.
Ainsi voilà la cause de mon absence, ce dont j'espère vous ne me tiendrez aucune rigueur.
Recevez, Monsieur le Directeur, mes plus humbles salutations et croyez moi votre bien
dévouée.
P.S. (je t'attends ce soir ? je porterais ce petit déshabillé noir qui te fais tant
d'effet)?
(signé IL, ou The cat, devenue Vampi, le 28 juillet 2005, en d'autres temps, d'autres lieux, d'autres
humeurs, mais je revendique et j'assume)
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